samedi 30 janvier 2010

Un doux monde aux balcons


J'admire les gens qui emmitouflent les plantes de leur balcon.
Ooohh, attention, l'hiver arrive, nous sommes dangereusement en Novembre, vite, une doudoune pour mes bégonias.
Et hop, toutes les jardinières blanchissent alors qu'on n'a pas encore vu la queue d'un flocon.
Bon, là nous sommes en janvier, il a neigé pendant la nuit et j'ai une vue panoramique sur un immeuble de 11 étages balconisé à foison.
Alors, est-ce le quartier, est-ce la neige, est-ce la crise, mais alors, la Moncler du bégonia a poussé comme du chiendent.
Devant moi il y a à peu près 3000 saucisses en intissé accrochées dans le vide
Une sorte de mur végétal, mais blanc.

En mon intime égo personnel qui n'engage donc que mon moi, je suis convaincue que ces personnes ne partagent pas seulement la même passion pour le chouchoutage plantifère.
Je les soupçonne aussi de mettre des embauchoirs dans leurs chaussures.
Car oui, généralement, les membres du club de la "bégonia-doudounia" ont aussi la carte de l'Embauchoir Club de France.
C'est livré avec.
Mais alors attention, pas l'embauchoir tout ridicule en plastoc de chez Ikéa.
C'est une intention louable j'en conviens, mais c'est un autre club. Celui qui réunit aussi les emballeurs de plantes dans des sacs poubelle. Niveau débutant quoi.
Non, là je vous parle du beau en bois verni avec largeur homme et largeur femme.
Je vous parle (avec émotion) de celui qui s'écarte par un ingénieux système de vis pour éviter que vos petons ne soient comprimés dans un soulier trop étroit.

Alors oui, on pourrait dire qu'ils sont maniaques. Mais moi je préfère dire soigneux et attentifs.
Impossible pour moi de faire partie de leurs clubs, j'ai pas de plantes et j'ai pas de balcon.
Mais bravo.
En revanche, il faut bien l'avouer, ce modèle de doudoune est vraiment super raté.
Y'a rien à dire. C'est moche.

Photo: Martin Parr

mardi 19 janvier 2010

Tri sélectif



Il y a encore des gens qui ne trient pas leurs déchets.
Si si, c'est vrai. Je vous jure.
C'est à dire que pour eux, poubelle verte, jaune et bleue c'est pareil.
Bouteille de vin, paquet de BN, et croûtes de claquos c'est tout pareil pareil.
Souvent c'est les mêmes qui jettent leurs papiers par terre dans la rue.

Moi je les aime pas.
On peut me regarder en diagonale.
M'enfou.
J'les aime pas.

Alors quand je parle avec un type, un peu joli, un peu drôle, un peu sympa, mais qui trie pas ses déchets, je m'étonne et je m'inquiète.
Je me dis que ce type là doit avoir une échelle du respect qui doit pas monter très haut.

Comment peut-on refuser, parce que c'est un véritable acte d'opposition, comment peut-on refuser de faire la différence entre une courgette et une boite Nesquik, sous prétexte que c'est "fatiguant" d'avoir 2 poubelles? Hein, comment?
Comment peut on refuser de comprendre que si tout le monde s'en fout un petit peu ça fini par faire un gros peu?
Comment peut-on croire que la pollution c'est seulement les avions?

Et moi, devant un discours aussi absurde, je m'emballe, je me transforme en passionaria de l'environnement, j'ai les poils qui me poussent sur les jambes et sous les bras, je déménage dans le Larzac tout en buvant mon Coca qui se change illico en tisane bio.
N'importe quoi.

Donc, urgence n°1: Se calmer.
Je respire une grande bouffée d'air Parisien. Huuummmm. Je sais pas ce qu'il y a dedans mais je suis tout à coup beaucoup plus détendue.

Puis je tente d'allumer une petite ampoule basse consommation en lui, de lui expliquer qu'il s'agit d'un geste de 2 secondes et qu'il a l'air d'être largement assez sportif pour y arriver.
"Ahahaha d'accord, mais qu'est ce que j'y gagne? Franchement je vois pas l'intérêt"
Je suis séchée.
Cet homme est un o.v.n.e. Un outrage vivant non évolué.
Mieux vaut en rire.
Mieux vaut se barrer vite fait, avant que mes Louboutins se transforment en Birkenstock.

Je m'éloigne. Mes poils retombent.
Je redeviens la jeune femme civilisée, éduquée et non moins concernée que j'étais quelques minutes auparavant.

Apparemment la multiplication des poubelles n'a pas fait que transformer nos cuisines.
Elle a aussi multiplié les trappes dans le jeu de la séduction.
Un tri sélectif aussi automatique qu'inattendu.

Allez, poubelle rose Monsieur l'o.v.n.e.
Poubelle, déchetterie, broyeuse, compacteuse et pas forcément recycleuse.

lundi 11 janvier 2010

Les enfants grandissent. Ces cons.

C'est con un ado.
D'abord ça rit bêtement mais ça tout le monde le sait.
Ensuite ça traîne les pieds en faisant un bruit qui rend dingue. Mais ça tout le monde le sait aussi.
Mais ce que tout le monde ne sait pas c'est que l'arme secrète de l'ado c'est de vous envoyer 10 ans dans la tronche sans prévenir. Bam comme ça.

Tralalalala, vous êtes toute en humeur youpesque. Vous allez revoir votre copine Laurence que vous n'avez pas vu depuis 942 ans.
Il va y avoir du papotage dans tous les sens, et bien sûr on va parler des enfants. Pas trop, parce que quand même, y'a plus important dans la vie que les mouflets. Merde.
Sauf que le truc qu'on avait légèrement oublié, c'est qu'en 942 ans, les enfants font un truc fou et complètement sournois. Ils grandissent.
Quand je l'ai quittée, ma copine était maman d'une fillette avec des barrettes roses, des tee-shirts roses et une passion pour les esquimaux au chocolat. Aujourd'hui elle me dégaine la photo d'une ado avec coupe afro, Wayfarer et ongles turquoises.
Euh, comment te dire? J'me pends et on en reparle.
Mais le pire c'est que c'est un coup assez répandu.

Tralalalala, j'étais encore d'humeur youpesque, mais cette fois dans une soirée.
Ah tiens, voilà Alexandra. Je ne l'ai pas vue depuis au moins 4583 ans. Si j'allais faire un brin de causette avec elle?
A ce moment précis, mon ange gardien aurait du me tirer par la manche, les cheveux ou la petite culotte pour éviter le massacre. Mais il était en train de boire des Malibus-ananas avec Sharon Stone donc il avait mieux à faire et je suis partie à la boucherie.
Moi: - Salut, comment tu vas?
Elle: - Super, ça fait longtemps que je t'ai pas vue! ça fait plaisir. Et toi comment tu vas?
Moi: - Pas mal. En ce moment je cherche un appartement, mais c'est très difficile, y'a rien du tout sur le marché. C'est désespérant.
Elle: - Je sais. Nous on cherche un appartement pour Margot. Elle va bientôt quitter la maison.
Là, j'avale mon dentier, je m'étouffe et je pars en boucle sur le thème: Margot quitte la maison? Margot a son bac? Margot n'a donc plus 8 ans? Margot rentre toute seule de l'école? et secrètement dans ma tête Margot a des seins, Margot a ses règles, Margot roule des pelles etc...
Je suis arrivée à cette soirée toute pomponette, minijupe et talons, et bam, tout d'un coup, cette espèce d'ado de Margot m'a rhabillée en Scholl et tablier La Redoute.
Le tacle. Le vrai. (A tous mes lecteurs mâles: Vous venez d'admirer une partie de ma culture footballistique et je vous sens très émus. C'est normal. Plus tard je vous montrerais mon rugby.)

Bon, bref.
Tirons des leçons de tout cela si vous le voulez bien.
1) Si vous quittez vos amis pourvus d'enfants, ne les revoyez jamais.
2) Si malgré mon avertissement vous persistez, prenez soin d'ignorer leur progéniture.
On en a rien a talquer des mouflets.
Si vous n'avez pas vu vos amis depuis 10 ans, on peut estimer que les gamins se débrouillent tout seuls, donc ils ne sont pas en danger immédiat et par conséquent on est pas obligés de parler d'eux dans la minute.
3) Et enfin, si ça peut vous aider, pensez que de leur côté, ils ne parlent jamais de vous, ou alors pas exactement avec les mots que vous attendez.

Voilà, sur ce, je vais faire couler le bain de mon fils qui a déjà 7 ans.



jeudi 7 janvier 2010

Gastons et Gastonnes de tous les pays unissez vous

La boulette.
Version moderne de la gaffe, ou motif valable de garde à vue?
Les 2 mon général.
Dans un cas comme dans l'autre c'est moyennement confort pendant des heures, des jours, des nuits...

Oups j'ai dû dire un truc de travers, mais quoi?
Machin est visiblement vexé.
Bon en même temps, Machin a la tête un peu trop près du bonnet en ce moment.
Mais quand même.
Et voilà la rate qui plonge dans la souplette, les ongles qui raccourcissent, et les heiiin? qui fleurissent.
Mais alors que faire?
- Laisser Machin à Vexitudeland. Il en sortira tout seul parce que c'est pas Funland.
- S'excuser. Mais de quoi? Attention à la re-boulette.
- Ce qui est dit est dit, épitantpi. Quand c'est pas fait exprès ça compte pour du beurre. Et le beurre dans les boulettes c'est forcément bon. C'est du gras.

Non, je pense que la meilleure solution est encore celle ci:
Remontons à la genèse de la boulette si vous le voulez bien.
Adam gros gourmand, croque la pomme. Enoooorme boulette.
En plus la pomme c'est pas le fruit le plus sympa.
La mangue, le fruit de la passion, ou même juste la poire, ça c'est du fruit funky.
Et si en plus ils sont mixés tous ensemble et qu'on les boit à la paille, tranquilou au soleil, alors là... Mais franchement la pomme. Enfin, passons.
Bref, ce grand folichon, il nous croque dans la Golden.
Et bam.
Fini le soleil qui brûle pas, la plage toute propre, le Spa Nuxe à gogo, bonjour la vaisselle, le rangeage, les pubs sur Facebook... Bon bref vous avez saisi l'idée.
Donc Boulétor 1er c'est lui.
En gros, fallait pas commencer.

Donc, Mesdemoiselles qui me lisez assidûment et, j'en profite pour vous remercier, vous savez maintenant que la boulette n'est pas entièrement de votre fait, même s'il est préférable de la laisser dans son étui.
Et vous Messieurs, rappelez vous de votre ancêtre et, en tant que leaders d'opinion, essayez plutôt d'inverser la tendance en faveur de l'écrasement de la boulette.
Et comme le chantaient nos amis les Scarabées. Give peace a chance.

Quand à l'autre boulette il semblerait qu'elle aille parfaitement avec la première.

Photo: Anne Taintor

dimanche 3 janvier 2010

Si les cochons n'ont pas fait leur réserve de confiture, l'année va être très dure

Pour 2010 je n'ai qu'une seule résolution: tenir mes résolutions de 2009.
Théoriquement ça devrait pas être trop compliqué.

Je ne veux pas me mettre au régime, je ne veux pas apprendre le chinois, je ne veux pas épouser Clive Owen (sauf s'il insiste), je ne veux pas gagner au loto (je ne refuse pas non plus, soyons clairs), je ne veux pas trouver le diable et lui vendre mon âme contre une sublime parure de bijoux et une armoire entière de chaussures, ni pour un dressing Lanvin, ou pour un appartement incroyable avec terrasse et vue sur la Tour Eiffel.
(Tout ceci est une figure de style qui n'a pour unique fonction que d'introduire la suite. Clive/Loto/chaussures/bijoux/Lanvin/Tour Eiffel, dans ces conditions, il est bien évident que mon âme est à vendre)

Bref, pour 2010 je ne veux que 2 choses:

Apprendre à dire Non.
Apprendre à dire Merci. Juste Merci.

Avant 2010 et cette ère nouvelle du nouveau-vous-tout-neuf, vous disiez Oui à la place de Non.
Hihihi, rien que d'y penser, vous souriez. Et vous avez raison.
Allez hop, fini la braderie, les cochons ont eu assez de confiture pour le restant de leurs jours.
Retour à la case maïs.

- Tu crois pas que tu devrais ranger un peu?
- Non.
- Attends moi, je t'appelle quand j'ai fini ma partie de Xbox/sudoku/jokari/whatever.
- Non.
- Tu veux bien être mon amie Facebook? Tu te souviens, on s'est croisés 3mn il y a 20 ans.
- Non (Sauf en cas de Clive Owen, Dereck Sheperd, Dr House ou du génial ovni qui réunit les 3 sous une forme inattendue).

Comme d'habitude, je parle d'une seule voix pour des milliers d'autres.
C'est le quotidien d'une leadeuse d'opinion. Han han han.
N'importe quoi.
Mais qui osera me dire que le Non et le Merci lui sont comme des parts de gâteau?
(Piece of cake en anglais. Je suis bilingue de la tête aux pieds. Enorme frime)
Voici donc quelques conseils annexes, issus de mon intelligence sans limite.

Primo, on évite de se transformer en Super Nanny.
D'abord parce qu'elle est très mal habillée, et surtout, parce qu'elle parle comme un serveur vocal.
Etant donné qu'on a pas du tout envie que notre résolution pour 2011 ce soit de nous refaire des amis, on dégomme immédiatement la mégère.
Le Non n'a d'intérêt que si on sait aussi dire Oui.

Deuxio, on accepte les compliments.
Et c'est là qu'on apprend à dire Merci

- T'es toute jolie avec cette robe
- Merci
- Tu ressembles à Naomi Campbell mais en blanche
- Merci (mais on cherche discrètement l'issue de secours quand même)
- C'est vraiment toi qui fait les meilleures lasagnes (oui Mr Z, c'est moi le boss)
- Merci

En faisant les meilleures lasagnes du monde (soyons dingues) vous n'êtes plus que générosité, communion et partage. L'île de Wight à vous toute seule.
Chouette chouette chouette. Merci, merci, merci.
En 2010, grande nouveauté, vous arrêtez de faire le tour des ritals du quartier pour savoir si c'est vraiment vrai de vrai, pour du vrai véritable.
Et bien oui, vous êtes la Queen of ze lasagne.
Epicétou.
Basta cosi.

Maintenant, partagez les avec vos amis et laissez les nouvelles rencontres apporter la salade.

Bon appétit pour 2010.
Et louées soient les métaphores culinaires si délicieusement écœurantes mais qui me régalent.

Photo: Louise Dahl-Wolfe