jeudi 31 décembre 2009

Modern fairy tale


Et le prince n'embrassa pas la princesse qui se réveilla juste à temps pour réaliser qu'en réalité c'était un crapaud.
Waaa la vache, on a eu chaud!
Personne n'a envie d'une grosse langue gluante dans la bouche délicate de la princesse.

Bon, maintenant que tout est rentré dans l'ordre, on peut reprendre l'histoire où on l'avait laissée.

Alors primo, nous venons d'apprendre que le prince n'existe pas.
C'est un crapaud. Assez bien déguisé par ailleurs, mais qui a un fonctionnement neuronal particulier puisqu'il s'est trahi tout seul.
Deuxio: Surtout ne jamais s'endormir. C'est une grossière erreur qui peut permettre au crapaud de prendre l'avantage, et de faire des trucs de n'importe quoi de crapaud fou. Brrr frissons.
Tertio: Avec le primo et le deuxio on a pas besoin de tertio.

Quand vous avez compris que le prince a bidonné sa carte d'identité et qu'il ne faut pas se laisser endormir, vous avez déjà pas mal d'atout en main pour gambader tranquilou dans la forêt.
Et au hasard du gambadage il n'est pas interdit de s'arrêter, pour manger des fruits, discuter avec des gueux, et que sais-je encore...
C'est un conte de fée quand même, pas Destination Finale.

Pendant ce temps il se peut que le prince des crapauds, vexé, se mette à sauter de toutes ses cuisses pour sa conquête et son honneur perdus.
Laissez le faire.
D'abord c'est très drôle à regarder et puis c'est un très bon rebondissement dans l'histoire qui, de ce fait, peut bénéficier avantageusement d'un tome 2.
"Le réveil de la princesse ou le retour du fils de la vengeance 2".
C'est très vendeur.

Donc après je vous le fait rapide parce que je dois partir.

Le tome 2 fait un carton à la Fnac.
Séances de dédicaces à gogo, plateaux télé à foison, studios radio à n'en plus pouvoir.
Vous devenez la star des princesses et le crapaud a les ganglions qui vont lui exploser dessus.
Les droits d'auteur vous pleuvent dessus et par conséquent les Louboutins et le Saint Laurent aussi.
Vous devenez une icône glamour.
Tim Burton insiste pour adapter votre chef d'œuvre à l'écran.

Mais là, vous le faites un peu mariner car pendant ce temps, un gueux de la forêt vous a invité à dîner pour la 4ème fois et il est imparfait juste comme il faut.

Photo: Annie Leibovitz

lundi 28 décembre 2009

Le téléphone pleure

Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer à quoi servent les sonneries polyphoniques? Et pourquoi elles sonnent toujours si fort?
L'idée du téléphone (au départ) c'est d'être joignable. Quand t'as des poches tu te mets sur vibreur, tu gènes personne, et si t'es chatouilleux tu t'éclates.
Si t'as pas de poche, ce qui est pourtant rarement le cas du réparateur de photocopieuse ou du "visiteur technique" de la maison du déménagement, tu choisis de pousser au max ton amour pour Francky Vincent et de crier à la face du monde Vas y Francky c'est bon, même si tu t'appelles Patrick.
Et là, moi je dis why, pourquoi, porque, warum?
Peut-être pour signifier à ton interlocuteur que, bien qu'équipé d'un attaché case à soufflets, tu n'en demeures pas moins un sacré turlupin. Qui sait?

D'ailleurs le soir de la St Sylvestre tu vas même te télécharger des rires en cascade pour mettre une ambiance du tonnerre à chaque fois que Tata Francine et Tonton Michel t'appelleront.
Aaah toi mon Patou t'es vraiment pas l'dernier pour la déconne.

Et comme tu sais réparer les photocopieuses, tu sais aussi trouver le bouton qui attribue une sonnerie différente à chaque contact. Quelle chance nous avons.
Ainsi, ta bien aimée sonnera sur Only you. Comme c'est délicat. J'en vomis d'avance.
Tu aimes ta maman, c'est une certitude, et tu seras son petit pour la vie. Allez hop, un cri de bébé.
Ton père est fan de Johnny. Alors là, on ne sait que choisir.
Mais Patoche Senior est un homme frais et dynamique. "Allumer le feu" lui ira comme un gant. Je vous fais un paquet?

Mais enfin Monsieur Patrick, soyons sérieux, asseyons-nous 2 minutes et laissez moi vous poser une question:
Est-ce que notre Président, modèle ââââbsolu de chic et de discrétion, pourrait faire sonner "Allumer le feu" ou "Femmes des années 80" en plein déjeuner avec le Roi du Maroc?
La réponse est non. Je ne pense pas.
Classe comme il est, il ferait certainement sonner une chanson de notre infiniment distinguée 1ère dame. Pour assurer le show, elle se mettrait à chanter en play-back en jouant de la air guitar, penchée sur la veste de son mari. Elle aurait l'air parfaitement ridicule et l'image de la France en ressortirait lamentablement ternie.
Et personne ne veut ça, n'est-il pas?

C'est pourquoi je dis halte à la sonnerie polyphonique.
Sus aux édition limités Mylène Farmer dans nos téléphones.
Vive le bip bip, et le vibreur.

Et foutez nous la paix au resto.


vendredi 25 décembre 2009

Le calendrier nouveau est arrivé

crédit photo: François Pignon

Alors 2009 bonne année?
Primo c'est une question qui ne sert absolument à rien et deuxio c'est très difficile de répondre.
On est tous d'accord, les années qui durent 12 mois c'est pas gérable. Trois, ça suffirait largement.
En plus, si le calendrier était un peu mieux organisé, ça permettrait aux accros des anniversaires, de marquer le coup 4 fois plus souvent.
On appellerait ça des "troimoisiversaires".

Joyeux troimoisiversaire ma chérie. Comme nous sommes ensemble depuis très peu de temps, je suis encore tout fou et je t'ai dégotté cette petite babiole chez un antiquaire. Si elle est trop large pour ton doigt qui est si fin et si gracile, on peut la faire ajuster.
ou alors
Pour le troimoisiversaire de notre collaboration, nous avons décidé de vous augmenter car vous faites vraiment de l'excellent travail. Bravo. Non vraiment. Bravo.

Mais il n'y a pas que ça.
Il y a aussi la géniale fête de nouvel an.
C'est bizarre mais je ne connais personne qui puisse me dire qu'elle adore fêter le nouvel an.
Parouvent (parfois+souvent. Oui, j'invente, je crée, j'innove quoi) parouvent donc, on fait la "fête" avec des gens qu'on aime bien, et des gens que les gens qu'on aime bien aiment bien, mais que nous, bof.
On va leur souhaiter une bonne année en ne les regardant même pas dans les yeux et après on va continuer à ne pas parler avec eux, parce que c'est ce qu'on fait depuis le début de la soirée.

Donc là, ma proposition n'est pas de boycotter, car il en faut pour tous les goûts (même les mauvais), et surtout, pendant que certains se forceront à être de bonne humeur chez eux, je pourrais aller boire d'excellentes frozen margharitas tranquilou avec mes copines dans notre petit restaurant secret. Et puis on ne s'embrasserait pas pour se souhaiter que les 3 mois à venir soient bons puisque 3 mois c'est à peu près facile à canaliser et surtout on verra bien.

Mis à part cette petite réorganisation calendaire, je vous souhaite à tous des fêtes de Noël comme vous les aimez, et plein de beaux cadeaux.
Si vous les avez en double, n'hésitez pas à venir vous débarrasser chez moi. J'accepte le cachemire, les escarpins en taille 40, les voyages au soleil, les bijoux, les abonnements au SPA Nuxe, les livres de photo, les luminaires de Gino Sarfati et le mobilier Knoll. Entre autres...




dimanche 20 décembre 2009

La vie, la vraie

Pour gagner ma vie et mes Louboutin, je fais des castings.
Vendredi mon agent (c'est très chic de dire que j'ai un agent alors je le place dès que je peux), mon agent donc, m'appelle pour me proposer un casting avec un réalisateur Palmisé à Cannes.
Une pub, mais s'il en fait, je peux en faire aussi, non?

Chez les pros de mon standing à moi, ceux qui ont un agent, on demande un dress code.
Il faut comprendre par là, une façon de s'habiller et de se maquiller avant d'aller faire l'intéressante devant la caméra. Il faut arriver chic, ou hôtesse de l'air, ou un peu executive woman, ou, comme hier, "naturelle".

Hi, hi, hi naturelle. Super drôle.
Naturelle, dans la réalité réelle, ça veut dire sans fond de teint, sans anti-cerne, sans John Frieda sur ma chevelure de rêve, sans gloss rosé.
Naturelle ça veut dire saut-du-lit-qui-fait-peur.
Euh, comment dire, vous voulez les vendre vos sandwichs, ou directement faire vomir les gens?

Donc je dois travailler mon naturel. N'importe quoi.
Je vais faire bien attention d'attacher mes cheveux négligemment "façon douche" avec un élastique rouge horrible, je vais me construire un teint imperceptiblement parfait sans blush pour faire "sans artifice", et une bouche comme si elle avait été mordue mais en vrai c'est pas vrai.
Genre Virgin Suicide mais version mère de famille banale de 36 ans. Fastoche.

Oh, j'ai fait un saut vite fait dans ma salle de bain et je suis venue. Ca m'a pris seulement 3/4 d'heure mais c'est uniquement parce que je me brosse les dents longtemps.
Voilà, ayé chui naturelle.

Dans les castings il y a 3 catégories.
Si vous êtes devant cette caméra aujourd'hui, c'est parce que la marque a pioché dans l'une des 3.

Les mannequins.
Celles là on leur parle pas. Elles sont pas de la même planète que nous. Elles ont des jambes de 3m de haut, des cheveux en soie, des yeux de chat et jamais de cernes.
Elles sont pas faites en matière humaine.

Ensuite il y a les vrais gens. Ma catégorie à moi que j'ai.
C'est à dire, la fille d'à côté, qui peut vous vendre un yaourt ou une voiture parce qu'elle présente bien, et en même temps qui est comme vous.
Cheveux emmêlés au réveil, rides, boutons, cernes. Ca pourrait être vous, sauf dans certaines pubs de produits d'entretien où, à force de vouloir être dans la catégorie vrai gens, on franchit la mince frontière qui la sépare de la catégorie gueule.

Les gueules c'est les dents en avant ou en vrac, les cheveux pourris ou rares, les yeux de veau, les peaux troués par une adolescence difficile, les nez qui méritent des tirades, les très grands, les très petits, les piercés, les tatoués...
Dans le ciné ou la musique, ils ont une beauté profonde et mystérieuse. Un je ne sais quoi de rare qui les rend uniques.
Dans la pub, c'est juste des gueules.

Et après, c'est montrage du profil, de la face, des mains, marchage au fond du studio pour voir un peu la "silhouette" et petit numéro d'impro pour montrer que je suis une maman cool qui vit des trucs fous de vrai gens.
Exemples: être coincée dans les embouteillages sans voiture, manger des céréales sans bol ni cuillère, ou courir après une chaise à roulettes qui s'appelle Eddy parce que c'est un Labrador un peu cinglé.

Bref, la vraie vie d'une maman au naturel absolument pas travaillé.

Photo: Chris von Wangenheim



vendredi 18 décembre 2009

Un pull? C'est quoi?

Après une étude approfondie, menée avec le plus grand sérieux depuis les cafés qui font faces aux nombreux collèges parisiens, je peux définitivement affirmer que les ados ont leur propre système de régulation thermique.
Tout au moins dans nos contrées européennes hostiles. Beurk.
Alors que les êtres humains responsables avancent péniblement sous 36 couches de doudoune et font de la fumée en disant gnnaaaaa ça caaaaille, l'ado stupide évolue librement en tee shirt.
Il porte un petit blouson léger pour signifier qu'il a remarqué la présence de l'hiver. Epicétou.
Les filles, tout nichon au vent, restent plantées immobiles devant le collège en attendant que le Johnny be good local, suffisament populaire pour mettre une écharpe, fasse une apparition flash éclair.
Puis elle prendront le bus en grappe pour se réchauffer un peu.

Aujourd'hui il neige.
Hihihi, c'est trop génialannn.
Et qui dit neige dit boules de neige.
Hihihi, c'est trop génialannn.
Bon là l'adolescente glousseuse a quand même un peu sorti les Uggs, ces ravissants tas de peau fourrés, qui paraît-il vont très bien avec une mini jupe.
Donc notre dinde a les pieds au chaud, les cuisses bleues, la poitrine en gelée et la bouclette blanchie aux flocons. Mais elle s'en fout parce que hihihi, c'est trop génialannn.
Après elle rentre chez elle et s'avale 14 aspirines d'1 coup parce que la pneumonie c'est pas tendance, au contraire de la grippe A, mais pour la gagner il faudrait traîner dans un hôpital et ça le fait trop pas.

Ceci dit je fais ma moqueuse mais c'est un peu par jalousie parce que j'aimerais bien être comme elle.
J'aimerais ressembler à une femme, pas à une tortue.
Pas de cou et toute mon armoire sur le dos.
En plus je marche comme un bidibulle vu que je peux plus bouger les bras à cause des 43 couches de pulls que j'ai mis sous ma doudoune de ski.

Non, moi je dis, il faudrait lancer la mode de la combinaison Inuit en peau de caribou. Même en été.
Comme ça, de double fil en aiguille, je deviendrais über tendance.
Et pour un peu, j'aurais presque l'air débraillée.

Photo: Martin Parr

mercredi 16 décembre 2009

Qu'importe la fin du monde pourvu qu'on ait l'ivresse

Je suis allée voir "La route".
Généralement quand je vais au cinéma je choisis plutôt des films qui font rire ou des histoires avec de l'amour qui dégouline partout, quand le monsieur est éperdument amoureux de la madame malgré des circonstances absolument catastrophiques, mais ouf à la fin l'amour triomphe comme par magie.
Voilà. En général, je fais plutôt ça.

Mais là, avec ma copine, nous décidâmes d'aller voir notre amoureux affronter la fin du monde. En effet, notre invincible amoureux n'a peur de rien car déjà, rien que dans la vraie vie véritable, il arrive à porter magistralement un prénom pas évident: Viggo.
Donc Viggo se retrouve un jour dans un monde de désolation et de cannibalisme avec son petit garçon qu'il protège envers et contre tout.
Notre Viggo il est fort et courageux et si on avait pas été beurrées comme des petits Lu on aurait pleuré à chaudes larmes.
Mais malheureusement pour Viggo et pour tous les autres acteurs du film, il existe non loin du cinéma, un bar chic et boisé dont je tairais le nom, qui sert un élixir qui s'appelle un peu comme un vélo dont je ne dirais pas non plus le nom parce qu'en gardant le secret j'ai l'impression d'être un peu select. Et j'adore être select.
Tout ce que je peux vous dire c'est qu'assister à la fin du monde avec 2 cocktails au champagne dans les tuyaux, ça fait pas pareil qu'avec un Coca Zéro.
C'est tout à fait très beaucoup mieux.
Les méchants ne font plus peur, ils font juste rigoler tellement ils disent n'importe quoi.
C'est vrai, on a jamais fait fumer un corps entier d'adolescent pour le manger. Ils sont complètement à l'ouest les méchants. On les adore.

Non mais sérieusement, si on y va sans prendre ses précautions champagnatoires, on se retrouve vite à pousser un caddie avec des chaussures raccommodées au scotch marron pendant tout le film, à manger des pêches au sirop direct dans la boite et après on sort de là, on se pend, ou on se tire une balle dans le pied pour ceux qui sont équipés.
Ensuite, les pompiers arrivent, bloquent la circulation et mettent un souk pas possible dans une ville qui essaye de s'endormir. Tout le monde s'énerve alors que Viggo est quand même mort dans son monde de désolation et de cannibalisme.
Bref, beaucoup de bruit pour rien comme dirait William.

Non, moi je vous le dit, pour affronter la fin du monde, rien ne vaut le champagne.

mardi 15 décembre 2009

Paranormal activities

Je voudrais comprendre ce qui fait qu'une personne normale, élevée avec de la nourriture normale, qui a bu du Coca normal et mangé du maïs transgénique normal, bref, je voudrais comprendre ce qui change cette personne normale en inventeur de surprise Kinder.
Est-ce que vous avez ouvert un Kinder surprise récemment?
Ou plutôt est-ce que vous avez volé le Kinder d'un enfant récemment?
Si oui, vous n'avez pas pu passer à côté du fait que les gars qui inventent les surprises sont à la limite de la chemise avec les manches longues qu'on accroche dans le dos.

Ma dernière surprise c'était "un petit oiseau dans une navette spatiale qui peut utiliser son siège éjectable quand ça va trop vite"
Attention Capitaine Rossignol, vous allez vous crasher sur Plutonium 12!
Non, jeune abruti, car j'ai mon siège éjectable supersonic. Yaaaahhhhoooouuuuuuu

Et après vous allez me dire que la drogue c'est mal?
Bon alors j'ai essayé. Pas la drogue. L'oiseau.
Super mignon le piaf, super marrante la navette.
En revanche je ne lui conseille pas d'aller dans l'espace avec, parce que le siège éjectable, il est pas du tout au point.
Alors, de dépit, j'ai tenté de remettre les éléments dans l'œuf.
N'importe quoi.
C'est aussi facile que de faire un Rubiks Cube dans le noir.
Y'a toujours un truc qui dépasse.
J'en déduis donc que les tâches sont réparties.
Il y a un d'un côté le diplômé "es-oiseau dans l'espace" et de l'autre, le diplômé "es-rangeage de surprises bidon".
Nous avons donc affaire à un monde parallèle parfaitement organisé, avec ses lois, ses codes, et qui sait, peut-être même une constitution et un hymne national. Hymne qui serait chanté le jour anniversaire de la naissance de l'inventeur suprême: le père du Kinder surprise.

Après quand ils ont fini d'inventer des trucs qui servent à rien, ils vont manger à la cantoche et le premier il te fabrique un hélicoptère qui balance des missiles petits pois et l'autre il te fait une compression d'Arman avec le plateau.
Youpi, hourra, fantastique.

Maintenant il me reste encore 2 Kinder à manger (et en grandissant on s'aperçoit que c'est même pas bon) sur le paquet de 4 pour réussir à attraper la surprise Père Noël.
Je redoute le pire.

dimanche 13 décembre 2009

JT phone home

Je sais pas pour vous, mais moi, j'ai toujours adoré le moment du JT où le journaliste recevait un appel secret.
C'était mon moment préféré pour tout dire.
Parce que Tchernobyl c'était pas très fun et les bonshommes de Folon n'en parlons pas.
J'aurais payé cher pour savoir ce qui se disait dans le téléphone.
J'aurais payé encore plus cher pour pouvoir décrocher ce téléphone et enfin, j'aurais vendu ma mère, mon père et ma sœur pour parler dans ce téléphone.
Parfois c'était des dépêches de l'AFP qui venaient de "tomber sur nos téléscripteurs".
Je me suis souvent demandé à quoi ressemblait une dépêche de l'AFP et surtout à quoi ressemblait un téléscripteur.
Depuis je suis devenue immensément cultivée et je peux vous l'expliquer.
Alors une dépêche c'est une info urgente (qui se dépêche donc) et un téléscripteur pour faire simple c'est une grosse machine à écrire qui fait des trous dans des bandes de papier.
Donc quand l'AFP envoyait du papier troué à la télé, il fallait agir vite.
Et bam on dégainait le coup de fil à un ami.

Dans d'autres cas plus relax, c'était juste pour dire que la liaison en duplex n'était pas prête et qu'il fallait trouver autre chose pour meubler.
Pour la liaison en duplex, je vous conseille les formidables archives de l'INA qui prouvent qu'on peut faire de grandes interviews Paris/Douai/Paris avec un poste de télévision posé sur une table roulante.
Et puis parfois c'était encore mieux.
Le téléphone sonnait, mais ne fonctionnait pas.

Allo? Allo? (petit air embêté du journaliste qui sent qu'il va devoir inventer un truc)
Ah il n'y a personne. Nous avons un petit problème de communication je crois.
Les inconvénients du direct. Hihihi.
Raccrochage.
Dring
Allo? Allo?
Non, toujours rien. Nous allons continuer. (yeah super impro bravo Jean-Claude)
En Angleterre, le mariage de la Princesse Lady Diana Spencer...
Dring
Allo? Allo?
Rigolage de super Jean Claude qui se dit que c'est le moment de montrer à la France entière à quel point il est bat'
Raccrochage
Dring
Allo Allo
Bon nous allons passer au sujet suivant en attendant que les époux disent oui... ou non. (Waaaaa trop la marrade, énorme blague du grand Jean-Claude au meilleur de sa forme.)

Et nous, on restait là, avec ce suspens insoutenable. Lui il savait qu'à la fin du journal on lui dirait pourquoi on l'avait appelé 3 fois de suite. Du coup il faisait les petites blagounettes du gars à la cool.
Mais nous? Rien. Walou. Et on allait passer les 20 prochaines années à nous morfondre dans une longue insomnie.
Mais pourquoi, pourquoi, le téléphone a-t-il sonné 3 fois dans le vide le jour du mariage de Lady Diana Spencer? Oui, pourquoi?

Depuis, le téléphone a disparu.
Jean-Luc Delarue a lancé la mode de l'oreillette et les journalistes suspendent leur discours en disant: "Ah on m'informe que le Pape est mort" comme s'ils entendaient des voix.

Et en plus Lady Di est morte écrasée contre un poteau.
Non, vraiment, c'est trop affreux.

jeudi 10 décembre 2009

La ligne 12 va jusqu'à Los Angeles

Ce matin je me suis réveillée déboussolée, je suis allée à un rendez-vous de boulot, l'indélicat m'a énervée et j'ai pris le métro.
Le métro je connais par cœur. Ticket, tourniquet, escalier, boudeurs Ipodisés dans tous les sens. Blablabla.
Et ben pas aujourd'hui.
Ticket, tourniquet, escalier, ça d'accord.

Mais c'est après que je me suis fait retourner comme une crêpe.
C'est vrai, je suis forcée de l'avouer, j'aime bien Britney. J'aime bien Toxic aussi.
C'est kitch, bling à souhait, ça tortille. C'est parfait.
Mais là! Là les copains, si la Bribri avait entendu ça, elle se serait rasé direct.
Sur le quai d'en face, juste une nénette et son guitariste, avec son p'tit ampli, et son p'tit micro.
Quand elle chantait elle faisait des petits moulins avec son bras gauche comme pour diffuser les notes éparpillées. Jolie voix et gracieuse à la fois.

A eux deux ils ont figé les 2 quais et chose que je n'avais jamais vu avant, ils ont déclenché des applaudissements.
Un homme aux cheveux chauves a même failli perdre ses 2 yeux à force de les écarquiller.
Leur Toxic, il ondulait sur une soul langoureuse, la guitare, elle était douce, discrète mais présente.
La p'tite nénette qui devenait de moins en moins petite, emplissait la totalité du quai et les rames que j'avais fini par ne plus voir et ne plus entendre au fur et à mesure des années, me semblaient maintenant d'une impolitesse rare à chaque fois qu'elles passaient.
Je ne comprenais pas qu'elles continuent de rouler et de faire résonner leur affreuse sonnerie alors que la jolie sirène n'avait pas terminé sa chanson.
Après ils ont joué Smells like teens spirit. J'ai laissé passer plusieurs rames pour pouvoir bien profiter de cette grande claque.
C'était fou.

Je n'ai jamais entendu une chose pareille dans le métro parisien.
Disons que pour faire mon ultrasnob, la dernière fois que j'ai entendu un duo de cette qualité là, c'était à Los Angeles. Tant pis c'est dit.
Aujourd'hui j'ai adoré prendre le métro.
Je ne pensais pas que ça m'arriverait un jour.

Ils s'appellent Brice et Vanessa ils jouent à la station Concorde et j'espère bientôt dans ma cuisine, dans nos voitures, dans mon salon, dans nos ordi...


http://www.myspace.com/pamelasub (le duo)
http://www.myspace.com/nouroumusic (la guitare de Brice)
http://www.myspace.com/squawproject (la voix de Vanessa)


mardi 8 décembre 2009

Il n'y a pas de petite gens. Pas à mon service en tout cas.

Je range quand ma femme de ménage arrive.
En un sens on peut dire que c'est une bonne femme de ménage.
Quand elle part, c'est rangé.
Mais est-ce qu'il n'y a pas un petit truc qui cloche dans le rapport maître à esclave?
Théoriquement elle devrait arriver, soumise et tremblante. Moi, en négligé de soie, je lui dirais bonjour très chaleureusement car je suis contre toute forme de barrière sociale.
Et puis hop, je laisserais ma tasse de café sur la table basse et je partirais m'immerger dans un bain aux huiles essentielles qui font la baignoire très glissante et impossible à nettoyer.

Mais en vrai, c'est pas du tout ça.
Quand elle arrive, je suis exceptionnellement prête, la cuisine est exceptionnellement rangée et on voit même la chaise qui est en dessous des vêtements dans ma chambre, car magie, ils sont pliés.
Quand je me vois faire ça, j'ai l'impression de voir Paris Hilton dans le polyester d'Arlette Laguiller.
Quelle abomination, on pourrait vomir (si on ne l'avait pas déjà fait après le déjeuner), on arrête immédiatement d'y penser sous peine d'infarctus.

Quand je serais grande, je voudrais être pour l'asservissement des masses populaires.
Surtout qu'à la fin elle récupère nos vieux smokings St Laurent, la masse, alors merde.
Je voudrais être pour l'avachissement canapaire. Pour les fringues toujours bien pliées et pour la vaisselle qui se range toute seule.
Mon travail domestique devrait se limiter à racheter du Cif quand il n'y en a plus et du Oust quand ça pue.
Ma mère m'a toujours dit que j'étais une princesse et je ne vois absolument aucune raison valable pour que ça ne continue pas. D'autant plus que maintenant j'ai des ongles et du verni.

Donc pour me rapprocher au mieux de la patronne telle qu'on la rêve toutes, je travaille énormément sur moi.
Et là j'ai trouvé un truc pas mal: J'en fous pas une, mais je passe derrière.
Je promène mon index négligemment sur le dessus des cadres, je regarde sous les canapés, j'allume les lumières rasantes qui disent "gras" ou "pas gras" près de la plaque...

Je suis la pire des patronnes sympa.




dimanche 6 décembre 2009

L'ami Ricoré

Ce dimanche matin de décembre, à 9h30, j'ai vu ça.
Il est loin le temps des Allo Apéro, Allo Pizza et autre Allo Sushi plutôt bien élevés.
Non, maintenant il est possible de partager avec le livreur, notre tête en vrac et notre haleine de poney au réveil.
C'est bien on progresse.
Dans le cas présent, il faut savoir que la température extérieure est d'environ 3° et qu'en plus, il bruine.
Hier soir, ce jeune mobyletteux, comme tous les acnéiphères de son âge, a bu comme un trou et fumé des pétards jusqu'à en oublier le prénom de sa mère.
Là, le feu est rouge alors il récupère.
Le temps qu'il démarre, le feu va passer à l'orange et il va arriver au niveau du passage clouté. Il s'en fout, il pionce.
Mais ce matin, ha ha, ce matin si Johnny fait moins le malin sur son cheval de feu, c'est parce que quelqu'un connaissait le numéro de "Allo petit déjeuner" et s'en est servi. Hi hi.

- "Allo Petit Dejeuner" Alizée à votre écoute. Vous désirez?
Enseveli sous 43 couches de couvertures, couettes, édredons et autres chaleureusetés, vous émettez un son pour la première fois de la journée.
- Caféééééé
- Ouiiiiii, combien? (dit la voix sautillante et exaspérante d'Alizée)
- Deeeeeeux
- Vous prendrez quelques viennoiseries avec?
- Croissaaaant
- Ouiiiiii, combien? (Alizée vient de vriller votre tympan droit. Vous êtes à ça de vous transformer en tueur sanguinaire)
- Quaaaaat'
- Désirez-vous des yaourts? Vanille, mangue, capuccino, passion, fraise, cerise noire...?
- Mmbbbrrrrr (Alizée ne le sait pas, mais elle vient de vous mettre les 2 doigts dans la gorge)
- M'd'accord, je vous en mets un mini de chaque alors?
- Mmmmbbbbbgggrrfffmmmmm
- Parfait. Voulez vous des jus de fruits pressés? Orange, Pamplemousse, Ananas, Orange sanguine, Pomme?
- Rrrrrrmmmmffff
- D'accord. Alors je fais comme pour les yaourts.
(Pas de panique, vous vous en sortez très bien. Gardez en vous votre colère, vos liquides et vos solides. Je vous rappelle que vous êtes toujours au lit)
- Votre numéro de téléphone a été reconnu au standard. Nous avons déjà votre adresse. Désirez-vous être livré à une adresse différente.
- Grrrrmmmmfffffhhhhh
(Il vous est absolument impossible de répondre à cette question. Vous ne savez pas non plus où se trouve la porte de la chambre, ni qui est l'abominable personne qui a mis des draps à motifs "japonisants" dans ce lit qui n'est donc pas le votre.)
- Alors c'est parfait. Notre livreur sera chez vous dans 25mn. Bonne journée Monsieur.

Mais peut-être que c'est beaucoup plus Palace que ça.
Peut-être que vous êtes un planneur d'enfer. Le genre de gars qui sait en Juillet où il va passer le réveillon.
Ce soir Marie-Amélie fête son retour de Colombie et fait une petite paaaarty. Dans ces cas là tout le monde fini à moitié défait et de toutes façons complètement imbibé.
Mais on vous la fait pas.
OK vous êtes un grand gueudin, un fou dangereux en Paul Smith, mais l'improvisation, ça non.
Donc avant de partir chez Marie-Amélie, vous avez prévu le room/mobylette service du lendemain matin avec les céréales au yaourt et le petit jus vitaminé.
Trop chou le grand déglingos.
Avec votre carte de fidélité, vous avez même profité de la promo sur les brochettes de fruits frais.
C'est à ça qu'on reconnaît les vrais adultes.

Ce que l'histoire ne dit pas, c'est qui a livré son p'tit dej au livreur.

mercredi 2 décembre 2009

Ici tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté



J'ai été profondément touchée par cette photo.
Elle a été prise en 1950 par Louise Dahl Wolfe pour le Harper's Bazaar.
Je n'arrive même pas à déterminer ce qui m'a le plus troublée.
Est-ce la position totalement abandonnée et confiante de cette femme, la grâce de ses bras, sa féminité, ou simplement l'atmosphère ensoleillée, reposante et nonchalante de la scène?
Ici pas de vent qui décoiffe, pas de sable qui gratte.
Simplement le soleil qui réchauffe, délasse et transporte.
On imagine derrière la porte entrouverte, une carafe pleine de citronnade fraîche. Le bac à glaçons tout proche est gainé de cuir. Il y a peut être une petite radio qui joue du Sinatra.
Pas très fort. Juste pour l'ambiance.
Tout est parfait.
Même la possibilité d'un voyage sur lequel elle s'endort et sur lequel c'est nous qui rêvons.
Cette photo est magique.
Surtout en hiver.

samedi 28 novembre 2009

Première super classe


Parfois on a des vrais buts dans la vie. Le genre d'accomplissement personnel qui font de vous une personne comblée.
En ce qui me concerne, je voudrais que ma valise arrive la première sur le tapis des bagages.
Pas si je descends d'un coucou à hélices, on est d'accord.
Moi je veux l'A380 ou rien.
Dans cette grosse bestiole on peut mettre de 555 à 845 voyageurs. Et comme plus on est de fous plus on rit, on va dire qu'il y aura 844 jaloux et 1 reine de la jubilation. Moi.
C'est 290 fois mieux.

Alors on dit qu'on revient de Bangkok.
On a plus de 12h de vol dans les pattes.
Enfin surtout eux parce que moi j'ai été surclassée au dernier moment.
Mais on n'en parle même pas. C'est vulgaire.
J'arrive donc fraîche comme la rosée sur le bord du tapis 41.
Ils sont tous verts et fripés. Pas moi.
C'est l'effet Première: les sièges hyper larges qui s'allongent complètement, le silence, le champagne, les vrais oreillers... Quelle vulgarité.
Je préfère ne pas en parler.

Je prends la pose.
Jambe tendue dans mon slim, main sur la hanche.
Je suis au top.
J'ai à peine le temps de regarder les chariots, que ma divine petite valise (oui j'ai pris une toute petite valise car je n'ai fait qu'un saut à BKK. Invitée au spa vous comprenez), ma divine petite valise disais-je, arrive sur le tapis, toute seule, comme une grande, sans peur et sans reproche.

-"Oups pardon Monsieur, c'est ma valise. Oui celle là, la 1ère, ze feurst oine. Hihihi"
-"Tenez Mademoiselle. Attention, à vos pieds, il y a tellement de monde."

Le gentleman décomposé me donne ma valise, je la fais rouler gracieusement et je m'en vais.
Rrrhhhhooooo non, je vais rester quelques minutes, juste pour profiter de tous les raplaplas qui voient pas leur valise arriver.
Yiiihhhaaaa.

Et le mieux dans tout ça, c'est que cette scène se déroule un jour où il pleut des chiens et des chats. Beaucoup quoi.
D'ailleurs c'est la coupe du monde de foot et donc il y a très peu de taxi. (Je dis ce que je veux, c'est mon blog.)
Comme j'ai eu ma divine valisette la première, je suis également la première dans la file des taxis et hop, je m'envole vers la capitale qui me tend les bras.
Je laisse derrière moi 3 taxis et 844 passagers.

Enorme accomplissement personnel.

Bon, ben j'vous aurais bien aidé à chercher votre valise, mais j'ai déjà la mienne et vous portez un jean bleu ciel.
Alors j'm'en fout. Allez, salut.

jeudi 26 novembre 2009

Strip please

Ce week-end j'ai eu la chance d'aller dans un strip club à Los Angeles.
Kwaaaaa un strip club!!!
Oui Madame, un strip club.
Et pas n'importe lequel.
Le Jumbo Clown Room.
Ouvert en 70, c'est une institution. S'il en est.
David Lynch y a fait ses repérages pour Mulholand Drive.
Au Jumbo's, il ne s'agit pas de voir des femmes dites de peu de vertu s'effeuiller jusqu'à l'os, non.
Il s'agit de Pole Dancing.

Et là, mis à part que c'est totalement la frime, il faut avouer que c'est totalement une claque.
Passons sur le fait que les jeunes filles ont plus de tatouages que de tissu sur le corps, et concentrons nous sur leur performance.
Because véritable performance it is.
Elles arrivent à tenir la tête en bas et les pieds en l'air, juste à la force des cuisses.
Elles grimpent sur une barre complètement lisse avec une facilité absolument déconcertante.
Personnellement, la force de mes petits doigts me permet tout juste de déboucher une bouteille de Vittel, alors si je m'accroche à la barre et que je décolle ne serait-ce que de 2cm, j'aurais l'air au mieux d'une grenouille en maillot de bain. Au pire, d'un flan.
Elles descendent, elles remontent en sautant, en volant, en tournant, en ondulant de la fesse et des lolos...
Et vas-y que je virevolte, et vas y que je claque de la botte en latex. Tout y est. Le show est hypnotisant. S'il y avait eu des mouches je les aurait toutes avalées. Au lieu de ça, j'ai bu de la bière. A la bouteille.
Comme un mec.
Et puis j'ai jeté des dollars en pluie sur Blueberry parce qu'elle était vraiment so great.
Comme les mecs.
Et quand elle est descendue de la barre en grand écart j'ai fait "youhouuuu" en applaudissant comme une dinguasse.
Avec les mecs.
A la fin, Blueberry, rampe un peu pour ratisser tous les dollars qui sont tombés sur la scène. C'est un peu moins paillettes comme séquence.
Mais en même temps on se doutait bien qu'elle était pas là pour faire de l'humanitaire.
Enorme respect pour Blueberry.

jeudi 19 novembre 2009

Essayez donc de regarder mes seins, vous verrez c'est pas possible.

J'ai croisé cette publicité dans le métro.
Elle m'a fasciné.
Tout est fascinant dans cette réclame.
Le stylisme évidement, la pause, le décor, mais avant toute autre chose... l'idée.

- Tiens, si on prenait une jolie fille avec un regard de veau, elle serait assise sur un demi tabouret et on lui mettrait des oreillettes de ski.
- Ah oui bonne idée, mais on devait pas vendre de la lingerie?
- Si mais c'est pas un problème, elle sera en culotte rose pour le côté Lolita avec un boléro en dentelle noire pour le côté Salopa.
Parce qu'il y a plusieurs gammes dans la marque tu comprends.
- Ah ouai trop fort le coup de la fille un peu paumée, naïve, qui a oublié sa combi dans le local à ski et qu'est toute perdue la pauvre. Trop dur, il fait froid, il faut la réchauffer. Grrrr.
- Heu calme toi Jean-Claude.

Non, vraiment, j'ai beau tourner le problème dans tous les sens, je ne comprends toujours pas ce qui a conduit des êtres humains, majeurs, et responsables, à utiliser cette paire d'oreillettes géantes.
De ce fait la jeune demoiselle qui est très certainement prix Nobel de Littérature dans sa Slovénie natale, a l'air d'une truite saumonée au bord de la catalepsie.

C'est pas juste.
Je lui souhaite de faire très vite des pubs Dolce et Gabbana. Des trucs classe quoi.

mardi 17 novembre 2009

Je ne suis pas gênée, j'ai les joues naturellement cramoisies.

Il y a des moments dans la vie où l'on préférerait se tirer une balle dans le pied.
Ce sont les fameux "grands moments de solitude".
On a tous vécu des moments comme ça et on les a tous géré avec plus ou moins de talent.

Au grand palmarès de la gêne publique nous avons:

La musique qui s'arrête

Vous êtes en train de catapulter une vanne monstrueuse et bam, "Thriller, thrill.."
Mickael décède avant la fin.
Alors là, surtout ne pas sourire en plissant les yeux. Rester bien droite et attendre le prochain morceau qui évidement va mettre 1 siècle et demi à arriver. C'est pas grave, il n'y a plus rien à sauver, il s'agit juste de préserver un minimum de dignité.

Vous êtes enfin partie de cette horrrrrible soirée. Demain, cocktail mondain-arty-chic.
Une nouvelle occasion de vérifier que Benny Hill veille sur vous.
A égalité avec la cheville tordue devant Georges Clooney, nous avons:

La porte automatique.

Tralalala, galerie d'art moderne, vernissage hyper branchouille tout le monde sera là. Vraiment tout le monde. Même Clive et Viggo.
Vous avez mis à peu près 72h à vous habiller, déshabiller, changer, déprimer, taper de la Louboutin, danser devant la glace et rhabiller une dernière fois.
Vous avez choisi le meilleur maquillage, le parfait rouge à lèvre, le parfum discret mais envoûtant, le bijou de cheveux le plus raccord.
Bref, vous êtes divine.
Vous approchez du lieu. Vous êtes vraiment tout près de l'entrée, tellement tout près qu'en fait vous avez le nez dans la porte.
C'est vraiment ballot, elle ne s'est pas ouverte.
Au lieu de ça, votre parfait maquillage s'est écrasé comme un vieux flan sur la vitre qui porte maintenant la trace de votre rouge à lèvre.
Là encore. On ne se démonte pas. On fait gracieusement un pas en arrière. On impose l'autorité de notre admirable personne, on attend l'ouverture de la porte, et on entre, l'air de rien en souriant ouvertement à ceux qui rigolent dans leur Fanta.
Ah ah ah quelle bonne blague.

Bien entendu, vous tenterez de ne pas y repenser la prochaine fois que vous assisterez à un enterrement, histoire de ne pas rire nerveusement comme une asthmatique au bord du gouffre.
Extrêmement embarrassant encore une fois.

Mais le pire moment de solitude c'est celui qui se vit à deux.
L'homme est évidemment éperdu d'amour pour vous puisque vous êtes divine.
Vous êtes sa muse, sa princesse, son air, son gin tonic.
Il vous aime, il vous le dit.
Puis il attend.
Il attend.
Il attend toujours.
Pfffffffvvvviiiiiiiuuuuuuuu (fait le vent glacé des steppes d'Asie, dans les oreilles de l'homme, qui se décompose devant la vilaine méchante)
Donc là nous avons affaire à un double moment de solitude.
C'est comme le léopard, c'est très rare.
Enorme jackpot sur l'échelle de la croimoisitude des joues, et du "sortez moi d'là".
C'est parfaitement ingérable, à moins de dégainer un "j't'ai bien eu, t'as eu peur, hein?" qui, d'un seul coup, double la solitude d'une grande pitié.
Une véritable boucherie qui fait qu'à la grande majorité on préfère se manger la porte en se tordant les chevilles devant Georges, Clive et Viggo réunis.


jeudi 12 novembre 2009

Facebook


Un réseau social ça s'appelle.
Facebook, au départ, c'est un tissu qui réunit toutes les personnes ayant un lien commun.
On sait tous comment ça a dégénéré et comment on s'est retrouvé avec 258 amis alors que le samedi on sait pas quoi faire et qu'on fini devant les Experts.
Parfois ce lien social apporte de très bonnes surprises.
Un amoureux surgit du fond des âges, une copine de lycée...
Mais le coup de théâtre, c'est FarmVille.
Alors ça, c'est une vraie bouse.

Tiens je vais planter des fraises, tiens je vais
avoir une vache, tiens je vais récolter des cerises. Oh comme c'est gentil tu m'as offert une chèvre. Pour te remercier, je vais t'offrir un lapin. Hihihi, on est vraiment trop choux.

Chacun cultive sa ferme, et aide ses voisins, qui doivent être le plus nombreux possible. C'est un peu Kibboutzville en fait.

Par exemple, sur la photo, c'est moi (oui moi. Je suis totalement dans le rôle) près de ma cabane à outils.
Je suis très fière parce que je possède un vélo, on voit mon petit bassin à poissons, mes jolies fleurs et ma poule.
Après je prends ma petite pilule bleue, je mets ma camisole, et je vais me coucher.

A ce niveau là on a complètement perdu de vue le fait que les fruits ne se mangent pas, le lait ne se boit pas, et qu'on fait toutes nos récoltes en stilletos.

On ne s'aperçoit pas non plus qu'on s'enthousiasme pour une grange parce qu'elle est rouge, qu'on est jalouse d'un certain Yohan qui en est au niveau 36 alors qu'on stagne au niveau 21 depuis au moins 2 jours.
On ne s'aperçoit pas qu'on rêêêêêve d'avoir le même château que Joanne, qu'on ne connaît pas non plus mais qui a une ferme à faire pâlir la Reine d'Angleterre.
On s'aperçoit quand même un peu que c'est pas normal d'avoir des amis en Australie alors qu'on y a jamais mis les pieds. Mais bon, c'est pratique pour gagner des points alors...

Et puis quand même, la bonne surprise au milieu de tout ce délicieux purin, c'est que parfois, après de longues discussions virtuelles sur des sujets beaucoup moins terreau à terreau, on rencontre les autres fermières en vrai.
Et là on se dit que finalement, oui, Facebook est bien un réseau social.
Un peu bizarre. Mais social.

lundi 9 novembre 2009

Relooking extrême

Je nourris une fascination très certainement malsaine pour Relooking Extrême.
Pour les malheureux qui seraient passés à côté, il s'agit d'un casting géant qui récompense les participants les plus moches.
Et la récompense c'est quoi? Un festival de chirurgie esthétique en tous genres.
Poubella est tirée de sa cambrousse, arrive à Beverly Hills et enchaîne les consultations.
A ce moment là, n'importe quelle personne normalement constituée se carapate en hurlant.
Ce n'est évidement pas le cas de nos Quasimodi qui accumulent les orgasmes.

Morceaux choisis (si je peux me permettre):
Votre mâchoire est asymétrique donc nous allons y insérer 2 prothèses de tailles différentes, on va retirer cette bosse de votre nez, placer 18 facettes de porcelaine sur vos dents que nous allons redresser par la même occasion, nous allons retirer la graisse qui est sous vos yeux et qui vous donne cet air si fatigué. Nous allons vous débarrasser des nombreuses cicatrices causées par cette acné qui vous a fait tant de mal, en procédant à un peeling au laser. Pour harmoniser le tout, nous allons devoir faire un lifting du front et des pommettes. Vous allez également bénéficier d'une liposuccion des cuisses, des genoux et du ventre. Vous n'êtes pas grosse, c'est juste que vous n'avez pas de taille et que votre graisse est mal placée. Enfin, pour aller avec votre nouveau sourire, nous allons vous offrir de nouveaux seins et de nouveaux yeux. On y va?

Yeaaaaahhhh, Ally est hystérique, elle attend ça depuis qu'elle est née.
A sa place je serais un tout petit peu inquiète.
Le chirurgien a une prothèse au menton de la largeur de ma main et ça lui donne l'air du méchant dans James Bond.
Il lui a tracé tellement de traits sur la figure qu'elle ressemble à un itinéraire Mappy.
Il va se perdre. C'est sûr.
Après Ally a mal. Super mal mais elle est contente. Super contente.
Mais, pour que la transformation soit complète, Cendrillon doit aller chez le coiffeur.
Si Ally a été sélectionnée parmi des millions d'américaines, c'est parce qu'elle est toute pourrie. Y compris des cheveux.
Donc quand elle arrive chez Tony, une caricature sur pattes, il éclate de rire à l'intérieur et commet ses délicates mimines dans la chevelure brûlée, couleur boue, de la fiancée de Shreck.
Normalement, Ally a les cheveux qui lui dégoulinent sous la poitrine.
Tony, les attrape, et les entortille dans un mouvement très flamenco. Il est hyper doué Tony.
Hop hop hop, le présentateur hypersautillant-hyperbronzé-hyperbotoxé compte jusqu'à 3
"Are you readyyyy????" Oooone, twooo, and.....threeeeeeeeeeee. Il s'envole. On l'a perdu.
Et bam, grand coup de ciseaux.
Ally fait semblant d'être contente. Yeah.... Oh my god!!!!
Et alors après c'est mèches qui volent, pinceau et papier d'alu dans tous les sens.
Ally était une déchetterie, maintenant elle est un panneau solaire.
Habillage, sur-maquillage, et... révélation.
Ally est institutrice en Alabama. Elle s'habille comme un sac 365 jours par an.
Aujourd'hui, pour changer, ils ont décidé de l'habiller en arbre de Noël.
Le satin, les paillettes, les bijoux. Rien n'a été oublié.
Non, rien, pas même le commentaire qui tue:

Aujourd'hui, pour révéler sa nouvelle beauté à sa famille, Ally a choisi le musée du recyclage.
Et elle ajoute avec son nouveau sourire: "car moi aussi je suis recyclée".

J'adore.