mardi 8 décembre 2009

Il n'y a pas de petite gens. Pas à mon service en tout cas.

Je range quand ma femme de ménage arrive.
En un sens on peut dire que c'est une bonne femme de ménage.
Quand elle part, c'est rangé.
Mais est-ce qu'il n'y a pas un petit truc qui cloche dans le rapport maître à esclave?
Théoriquement elle devrait arriver, soumise et tremblante. Moi, en négligé de soie, je lui dirais bonjour très chaleureusement car je suis contre toute forme de barrière sociale.
Et puis hop, je laisserais ma tasse de café sur la table basse et je partirais m'immerger dans un bain aux huiles essentielles qui font la baignoire très glissante et impossible à nettoyer.

Mais en vrai, c'est pas du tout ça.
Quand elle arrive, je suis exceptionnellement prête, la cuisine est exceptionnellement rangée et on voit même la chaise qui est en dessous des vêtements dans ma chambre, car magie, ils sont pliés.
Quand je me vois faire ça, j'ai l'impression de voir Paris Hilton dans le polyester d'Arlette Laguiller.
Quelle abomination, on pourrait vomir (si on ne l'avait pas déjà fait après le déjeuner), on arrête immédiatement d'y penser sous peine d'infarctus.

Quand je serais grande, je voudrais être pour l'asservissement des masses populaires.
Surtout qu'à la fin elle récupère nos vieux smokings St Laurent, la masse, alors merde.
Je voudrais être pour l'avachissement canapaire. Pour les fringues toujours bien pliées et pour la vaisselle qui se range toute seule.
Mon travail domestique devrait se limiter à racheter du Cif quand il n'y en a plus et du Oust quand ça pue.
Ma mère m'a toujours dit que j'étais une princesse et je ne vois absolument aucune raison valable pour que ça ne continue pas. D'autant plus que maintenant j'ai des ongles et du verni.

Donc pour me rapprocher au mieux de la patronne telle qu'on la rêve toutes, je travaille énormément sur moi.
Et là j'ai trouvé un truc pas mal: J'en fous pas une, mais je passe derrière.
Je promène mon index négligemment sur le dessus des cadres, je regarde sous les canapés, j'allume les lumières rasantes qui disent "gras" ou "pas gras" près de la plaque...

Je suis la pire des patronnes sympa.




1 commentaire:

  1. Mon beau-père a demandé à ma mère s'il payait une femme de ménage pour prendre le thé avec elle. Car ma mère se met à tout nettoyer avant que sa femme de ménage arrive !
    Ma grand mère paternelle, elle, elle passe non seulement son index partout, pour vérifier, mais en plus, elle renifle les assiettes, surtout celles du petit déjeuner, pour être sûre qu'elles ne sentent pas l'oeuf !

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