samedi 29 décembre 2012

Noël, suite et enfin fin.


Je viens de dé-décorer mon sapin qui, étant resté trop près du chauffage, avait fini par adhérer à mon point de vue sur la période présente. D'un commun accord donc, nous convînmes qu'il était grand temps de mettre fin à cette mascarade clignotante.
Ni une ni deux, je fonce à la cave, je remonte le carton dédié à l'inhumation annuelle, et je commence à dézinger les petits cœurs en feutrine.
Mon arbuste asséché est enfin dénudé. Il n'est plus qu'épines et pitié. C'est l'heure du fameux Sac à Sapin.
En effet. Noël n'est pas qu'une tradition. C'est une tradition adaptative. Reste à savoir si c'est compatible mais là j'ai pas envie. Ainsi donc, il y a quelques années, nous avons vu s'imposer le Sac à Sapin. 
Hein, quoi, mais comment donc, tu as un sapin et pas de Sac à Sapin? Ah oui? Pourtant ça aide les handicapés. Enfin, tu dois avoir tes raisons. Je vois pas bien lesquelles mais bon... 
Résultat, alors qu'avant on balançait allègrement son sapin par la fenêtre, maintenant on l'emballe et on le rapporte au square le plus proche.
Me voici donc en phase d'emballage:
J'ouvre le paquet dans lequel se trouve le fameux sac 100% écoresponsable, 100% compostable, et 100% solidaire.
Je le déplie. Enfin, je tente de le déplier. Le Sac à Sapin n'oublie personne. Pas même les sapins de 900m de haut. Je n'ai que 2 bras et il font 67cm chacun (j'ai mesuré avant d'écrire). Je vais me démettre l'épaule pour ouvrir la totalité de ce Zeppelin qui par ailleurs dégage une odeur plutôt bizarre. Mais avec quoi est-il donc fait?
Ca y est, il est complètement ouvert.
Maintenant reste à savoir comment je vais faire pénétrer le conifère.
Et là, le dieu du cul à tapoté doucement mon épaule. Idée.
Je roulotte la matière écoresposable par terre, je pose sapinou au milieu et je déroule le tout jusqu'en haut comme une bonne vieille capote.
Des siècles que ça ne m'était pas arrivé. Jingle bells, jingle bells... Le voilà mon cadeau de Noël. Planqué dans le sapin dis donc! Ecosolidaire à mort le Sac à Sapin.

Evidemment comme il s'agit d'une tradition, le capoté va finir à la poubelle et je vais devoir attendre l'année prochaine pour recommencer. Finalement je crois que je vais garder les boules.


jeudi 27 décembre 2012

Rabat jour


J'ai roulé des pelles. J'aurais jamais du.
Ça faisait des mois que j'avais une relation fusionelle avec mon canapé et va savoir pourquoi, j'ai ressenti le besoin d'aller tripoter du mâle.
Bref, j'ai fait ce qu'il y avait à faire et j'ai dégoté ce qui me semblait être une perle.
Oh comme c'était bon de boire du vin blanc et d'aller bruncher avec tous les bobos du 18ème. Oh comme c'était formidable de faire les brocantes et de dénicher un ravissant petit pied de lampe années 60 auquel, c'est promis ma douce, nous donnerions une nouvelle jeunesse. Oh comme c'était fou de s'apercevoir qu'à l'image de cette lampe, il manquait une tête à cet individu.
Allez hop, bouge de là trouduc.

Noël, période bénie entre toutes. Pendant que certains revendent leurs cadeaux sur Ebay, moi j'ouvre mes placards en quête d'un présent que je pourrais me faire à moi-même toute seule. Aucune chance d'être déçue. Sauf si j'exhume cette putain de lampe sans tête.

Malheur de malheur. Il n'est pas dit que je me ferais avoir une deuxième fois. Ma petite je vais te faire une électrification de malade et je vais te trouver un abat-jour de dingue. Non, madame. Je ne connais pas l'échec.

Allez hop. BHV rayon électricité. Et tant qu'à faire je vais acheter du très joli fil gainé. Je n'ai jamais tripoté un fil électrique de ma vie mais c'est pas grave. Je tape direct dans le relou. J'ai pas peur. Merry Christmas, j'ai envie de buter les ouvriers du 8ème étage qui me réveillent à grands coup de perceuse depuis plus de 2 semaines. Je ne peux pas manger de foie gras parce qu'il n'y a pas de portion individuelle et même s'il y en avait ce serait tellement glauque que je la vomirais avant de l'avoir avalée. Alors si je veux faire des travaux d'électricité sans tournevis adéquat c'est mon biznèsse d'accord?
2 mètres de fil, 1 interrupteur, 1 prise, plus quelques babioles et je me fait alléger d'une bonne vingtaines d'euros. Saperlipopette c'est cher quand même. Tu me la copieras ta brocante...
Arrivée à la maison, je réalise que cette cruche de caissière a confondu le prix et le métrage. Je dois donc repartir au BHV pour me faire rembourser.
2h plus tard je commence mon marathon électrique. Il semblerait que l'intérieur de la lampe ait une sorte de rancœur contre la gaine textile de mon fil qui sort de là complètement échevellé. Impossible de le changer  j'ai déjà coupé. Fuck.
Après avoir dévissé et revissé un nombre incalculable de vis liliputiennes, j'ai fini mon travail. Je suis bouffie d'orgueil. J'admire ma lampe. Je joue pendant des heures avec l'interrupteur. Il fonctionne. Non, je veux dire, il fonctionne. Il allume la lampe et aussi il l'éteint. C'est super non? Oh oui c'est au moins super génial wonder bat'. Bon d'accord il faut le voir porté.
Et puis l'euphorie retombe.
Je suis obligée de ranger mon nouveau joujou.
Je n'ai pas d'abat-jour.
J'ai exploré 127 pages du Bon Coin (avec 35 annonces par page on peut dire que j'ai bien bossé mon strabysme...) et parcouru les sites ebay du monde entier. J'ai appris à dire abat-jour en suédois et en néerlandais. J'ai également réalisé que la France a un incroyable talent pour l'orthographe. La vache ça brûle la rétine par moment. Je ne comptais plus les lampes en "très bonne état", ni les "contacté moi". A la place je me concentrais sur les photos. Là aussi, il faut avouer que ce n'est pas sans une certaine émotion que j'ai appréhendé un nouveau style photographique. Le n'importe quoi staïle. Des lampes posées sur le bord extrême d'une table, des abats jour vus de dessus si bien qu'on n'aperçoit que le trou, des zoom flous sur les détails du motif et j'en passe.
Evidemment c'est en Angleterre que j'ai trouvé le Graal, mais à 37£ la chose + 29£ le port national comment te dire... J'ai plus vite fait de retourner au BHV chercher cet abat-jour en soie à 60€ que j'ai laissé tomber en voyant l'étiquette.

Voilà. Je pense que je vais ranger cette putain de lampe de merde (oups sciouze maï french) pour l'instant et si jamais au hasard d'une brocante je trouve sa tête tant mieux. Sinon, je la revendrais sur Ebay.
Peut-être que Johnny La Pelle voudra bien la racheter. Qui sait?

lundi 24 décembre 2012

Un grand coup de bûche


Soyons honnêtes. Noël c'est la plaie.
Chaque année on nous y prépare de plus en plus tôt et chaque année on finit les cadeaux le 23 décembre, voire le 24, en achetant une merde pourvu qu'on arrive pas les mains vide à l'interminable repas qui verra invariablement l'un des convives se rouler dans la Williamine et le ridicule.  
Oh le joli sapin! Comme c'est original cette décoration rouge et verte. Mettez vous devant, je vais faire une petite photo. Non je vais la cadrer dans l'autre sens sinon je ne vois pas les 546754 cadeaux.
Car oui, c'est aussi ça la magie de Noël. Un enfant heureux est un enfant pourri. Peu importe le cadeau, l'important c'est le nombre. Peu importe le nombre, l'important c'est l'emballage. Peu importe l'emballage, l'important c'est la vitesse de déballage. Peu importe le pourrigâtage, l'important c'est la télé.
Ding! Ah, j'ai entendu l'appel du chapon...
Noël, fête de famille et de partage. Fête conviviale entre toutes qui commande que l'on soit tous réunis quelle que soit la taille de la salle à manger, le nombre de chaises ou la longueur de la table.
Alors on a installé les loulous sur la petite table devant la télé. Comme ça ils seront tranquilou. Ok les loulous? Dans ma tendre enfance c'est par ce terme déjà ridicule que je désignais les crottes de nez. Des images de déjections nasales assises en tailleur et dégustant des tartines de foie gras traversent alors mon esprit agité. Je me recentre sur les porte couteau bonbon.
Et alors après c'est féerie de verrines, déluge de foie gras et autre cascade de chapon. Pour faire glisser il faut absolument enchaîner le champagne, le blanc et le rouge, et comme tout le monde sait "rouge sur blanc, tout fout le camps". Ainsi, lorsqu'arrivent les fromages, la volonté devient un vague souvenir, la petite assiette, une plaisanterie et le Freedent sans sucre, une nécessité.
Une fois la bûche engloutie, on dégage les loulous, peu importe où, du moment qu'ils nous font une place sur le canapé, et on s'étale comme des flans avant de s'endormir gracieusement la bouche ouverte.
Joie, bonheur, convivialité, partage.

Personnellement je ne fête pas Noël.
J'ai une passion absolue pour les bêtisiers, les best of, et les vidéo gag du monde entier. Des enfants qui tombent, des chats qui jouent du piano, des quarantenaires qui sautent dans des piscines vides... C'est follement amusant. Comment s'en lasser? Je suis passée chez Picard. Ça m'évite de cuisiner. Et très honnêtement cette petite souris d'agneau nageant dans sa jolie sauce brunâtre, hummm je suis limite amoureuse. Demain je n'irais pas dans les magasins pour rendre un cadeau que je n'aime pas, et je ne me réveillerais pas avec l'envie irrépressible d'avaler 3000 Doliprane d'un coup.

Alors, hein, franchement? Noël...
Ce serait pas un peu comme la fête des pères? Une sorte de truc marketing dont on pourrait parfaitement se passer?

Pensez-y pour l'année prochaine. Et en attendant bon appétit.
On se reparle le 31 parce que là aussi, je crois qu'on a des choses à se dire.



Crédit photo: Laetitia et Sébastien Photography

lundi 10 décembre 2012

Dédicrasse



Hier après-midi je participais à un salon littéraire. Oui depuis que je suis officiellement écrivain, je suis invitée dans les salons pour dédicacer mon œuvre.
Le hasard est fripon et me place, qui par ordre alphabétique, qui par ordre désordonné.
Hier c'était par ordre désordonné.
J'avais donc à ma droite la petite nièce de Malraux et à ma gauche la spécialiste des pendules de France, de l'eau du monde, et de l'histoire de l'électricité de l'univers.
Entre gens de lettres on fait copains. Je salue donc mes potes de tablée. Un gros monsieur se jette sur moi:
"Bernard Marionnaud, fondateur de la chaîne de parfumeries, vous voulez un verre d'eau?"
Heu oui, pourquoi pas? Merci.
Et c'est en continuant vers la droite que j'ai dégringolé de mes Minnetonkas. Coup sur coup Jean-Michel Ribes et PPDA. Moi qui devais déjà affronter la famille Malraux, j'ai très vite réalisé que mon brushing deviendrait mon meilleur argument de vente pour la journée. 
Afin de combattre la dépression qui s'approchait de moi à une vitesse inversement proportionnelle à celle de mes lecteurs, je décidais d'avaler un Figolu. Ou dix.
Etonnamment, l'historienne des pendules de France vendait ses anthologies comme des petits pains. Ah, comme j'aimerais être la petite veinarde qui trouvera au pied du sapin l'histoire complète du coucou qui rythme la vie des Putéoliennes. Mais, pauvre de moi, une affreuse personne pleine de vilaine méchanceté a préféré m'offrir un pull en cashmere. Too bad.
Un couple vient vers moi. Génial, je prépare mon Bic une couleur.
"Ah vous êtes là, nous sommes venus hier et vous n'y étiez pas, alors nous sommes revenus aujourd'hui"
"Oh c'est gentil, merci beaucoup". Je jubile. J'ai des fans. Ils ont 173 ans mais j'ai des fans. 
"Votre père n'est pas là?" Le doute s'installe en moi. Non mon père n'est pas là. Il n'est d'ailleurs plus là depuis 6 ans.
"Qui cherchez vous?"
"Vous n'êtes pas la fille d'Alain Malraux"
"Non, mais vous pouvez quand même acheter mon livre, il va gagner le Prix des Lectrices Elle".
"Ah, oui d'accord, merci je repasserais"
Mon brushing tient le coup et moi aussi. Je reprends un Figolu et je pouffe en expulsant quelques miettes sucrées.

A l'issue de ce salon j'ai vendu un nombre mystérieux de livres compris entre "peu" et "pas beaucoup", pendant que ma voisine de gauche répétait à chaque acheteur "vous avez de la chance, il m'en reste encore".

Mon bon sens et moi avons donc décidé de nous atteler à l'écriture d'un ouvrage sur "l'histoire de l'apparition des pigeons gris en zone urbaine: Vie, reproduction, amputation, écrabouillage". 
Rendez-vous au prochain salon du livre de Boulogne.

A vous lire.

lundi 5 mars 2012

Redoutable erreur


J'ai encore commandé à la Redoute. Au moment où j'ai cliqué sur "confirmer votre achat" je l'ai regretté. C'est un peu comme quand je mange un paquet entier de Figolu. Je sais très bien que c'est interdit par la loi. Mais la vache qu'est-ce que c'est bon...
Bref, j'ai cliqué.
2 tee-shirts en coton bio et une suspension façon Danoise.
Colissimo mon ami, un week-end plus tard, je reçois mon cadeau surprise que je me suis fait personnellement toute seule.
Alors, qu'y a-t-il dans ce gros carton?... J'en peux plus, il faut que j'ouvre tout de suite, tout de suite. Ohhhh, une suspension façon Danoise et 2 tee-shirts!!! Génial, comment tu savais que je voulais exactement ça?
Mais il me semble pourtant que j'avais cliqué sur "rose peau" et "vert tilleul". Pourquoi je reçois "saumon mort" et "vert moisi"?
C'est pas grave, je vais quand même essayer le vert. On ne sait jamais, c'est peut-être la lumière de mon immense baie vitrée qui est mauvaise.
Ah, problème, mes bras ne font pas 12m. Comment faire pour utiliser au mieux toutes ses manches?
Je vais m'occuper de la suspension Danoise, ça me donnera le temps de réfléchir...
Alors, sur la photo du catalogue (qui, certes, est prise de loin dans une pièce gigantesque), ma suspension a l'air absolument canon. Dans mon couloir, comment dire... elle passe pour une Danoise de Pékin. C'est un style. Peut-être trop avant-gardiste pour moi. J'adhère pas.
Retour au relais-colis.

J'ai quand même gardé un de mes achats. Le câble qui sert à électrifier la suspension.
On ne sait jamais, si je commande l'abat jour en lin froissé... Parce que quand tu rends un article, tu ne payes pas les frais de port et tu gardes ton code promo. Ca vaut super le coup non?

vendredi 17 février 2012

Misère de misère


En ce moment on peut dire sans exagération aucune, que j'ai le cul bordé de coquillettes. Entre la sortie de mon livre et ma sortie dans le monde disons que j'ai connu pire.
Mais vlatipa que je me suis fait bêtement avoir par une pub sur internet.
Alors voilà, si tu mets le prénom de ton amoureux dans la petite case, tu peux savoir si il t'aime d'amour ou de cul.
Mais ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie... n'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie?
Parce que croyez moi j'ai eu de longues minutes pour y penser à cette infâme infâmie. De longues minutes pour penser que je ne peux penser à personne.
Ni d'amour ni de cul.
Donc je me suis dit que j'allais mettre Brad juste pour voir.
Alors Brad m'aime "plus qu'hier mais moins que demain". Mouai bof, pas top.
J'ai donc essayé avec Georges qui lui, m'aime "moins qu'avant". N'importe quoi, ça marche pas du tout leur truc.
Du coup j'ai tenté Clive et c'est là que j'ai vu qu'en fait c'était pas du pipo parce que ça disait qu'il m'aime "tellement que ça en est agaçant" (faute de français comprise).

Oui bon, alors d'aucun diront que cette histoire d'email et de sponsors rend l'histoire un peu bancale. Pas d'accord, c'est de la pudeur. Il est comme ça mon Clive. Il cache ses déclarations d'amour sous des ptits trucs secrets.
Alors maintenant je vais reprendre une petite pilule bleue, je plaque ma nouvelle glamlife, et je pars m'installer à Londres où Clive m'attend.
Salut mes ptits poulets