Hier après-midi je participais à un salon littéraire. Oui depuis que je suis officiellement écrivain, je suis invitée dans les salons pour dédicacer mon œuvre.
Le hasard est fripon et me place, qui par ordre alphabétique, qui par ordre désordonné.
Hier c'était par ordre désordonné.
J'avais donc à ma droite la petite nièce de Malraux et à ma gauche la spécialiste des pendules de France, de l'eau du monde, et de l'histoire de l'électricité de l'univers.
Entre gens de lettres on fait copains. Je salue donc mes potes de tablée. Un gros monsieur se jette sur moi:
"Bernard Marionnaud, fondateur de la chaîne de parfumeries, vous voulez un verre d'eau?"
Heu oui, pourquoi pas? Merci.
Et c'est en continuant vers la droite que j'ai dégringolé de mes Minnetonkas. Coup sur coup Jean-Michel Ribes et PPDA. Moi qui devais déjà affronter la famille Malraux, j'ai très vite réalisé que mon brushing deviendrait mon meilleur argument de vente pour la journée.
Afin de combattre la dépression qui s'approchait de moi à une vitesse inversement proportionnelle à celle de mes lecteurs, je décidais d'avaler un Figolu. Ou dix.
Etonnamment, l'historienne des pendules de France vendait ses anthologies comme des petits pains. Ah, comme j'aimerais être la petite veinarde qui trouvera au pied du sapin l'histoire complète du coucou qui rythme la vie des Putéoliennes. Mais, pauvre de moi, une affreuse personne pleine de vilaine méchanceté a préféré m'offrir un pull en cashmere. Too bad.
Un couple vient vers moi. Génial, je prépare mon Bic une couleur.
"Ah vous êtes là, nous sommes venus hier et vous n'y étiez pas, alors nous sommes revenus aujourd'hui"
"Oh c'est gentil, merci beaucoup". Je jubile. J'ai des fans. Ils ont 173 ans mais j'ai des fans.
"Votre père n'est pas là?" Le doute s'installe en moi. Non mon père n'est pas là. Il n'est d'ailleurs plus là depuis 6 ans.
"Qui cherchez vous?"
"Vous n'êtes pas la fille d'Alain Malraux"
"Non, mais vous pouvez quand même acheter mon livre, il va gagner le Prix des Lectrices Elle".
"Ah, oui d'accord, merci je repasserais"
Mon brushing tient le coup et moi aussi. Je reprends un Figolu et je pouffe en expulsant quelques miettes sucrées.
A l'issue de ce salon j'ai vendu un nombre mystérieux de livres compris entre "peu" et "pas beaucoup", pendant que ma voisine de gauche répétait à chaque acheteur "vous avez de la chance, il m'en reste encore".
Mon bon sens et moi avons donc décidé de nous atteler à l'écriture d'un ouvrage sur "l'histoire de l'apparition des pigeons gris en zone urbaine: Vie, reproduction, amputation, écrabouillage".
Rendez-vous au prochain salon du livre de Boulogne.
A vous lire.

moi j'dis " vivent les figolu!" :-) et l'nom du bouquin au passage...
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