mardi 17 novembre 2009

Je ne suis pas gênée, j'ai les joues naturellement cramoisies.

Il y a des moments dans la vie où l'on préférerait se tirer une balle dans le pied.
Ce sont les fameux "grands moments de solitude".
On a tous vécu des moments comme ça et on les a tous géré avec plus ou moins de talent.

Au grand palmarès de la gêne publique nous avons:

La musique qui s'arrête

Vous êtes en train de catapulter une vanne monstrueuse et bam, "Thriller, thrill.."
Mickael décède avant la fin.
Alors là, surtout ne pas sourire en plissant les yeux. Rester bien droite et attendre le prochain morceau qui évidement va mettre 1 siècle et demi à arriver. C'est pas grave, il n'y a plus rien à sauver, il s'agit juste de préserver un minimum de dignité.

Vous êtes enfin partie de cette horrrrrible soirée. Demain, cocktail mondain-arty-chic.
Une nouvelle occasion de vérifier que Benny Hill veille sur vous.
A égalité avec la cheville tordue devant Georges Clooney, nous avons:

La porte automatique.

Tralalala, galerie d'art moderne, vernissage hyper branchouille tout le monde sera là. Vraiment tout le monde. Même Clive et Viggo.
Vous avez mis à peu près 72h à vous habiller, déshabiller, changer, déprimer, taper de la Louboutin, danser devant la glace et rhabiller une dernière fois.
Vous avez choisi le meilleur maquillage, le parfait rouge à lèvre, le parfum discret mais envoûtant, le bijou de cheveux le plus raccord.
Bref, vous êtes divine.
Vous approchez du lieu. Vous êtes vraiment tout près de l'entrée, tellement tout près qu'en fait vous avez le nez dans la porte.
C'est vraiment ballot, elle ne s'est pas ouverte.
Au lieu de ça, votre parfait maquillage s'est écrasé comme un vieux flan sur la vitre qui porte maintenant la trace de votre rouge à lèvre.
Là encore. On ne se démonte pas. On fait gracieusement un pas en arrière. On impose l'autorité de notre admirable personne, on attend l'ouverture de la porte, et on entre, l'air de rien en souriant ouvertement à ceux qui rigolent dans leur Fanta.
Ah ah ah quelle bonne blague.

Bien entendu, vous tenterez de ne pas y repenser la prochaine fois que vous assisterez à un enterrement, histoire de ne pas rire nerveusement comme une asthmatique au bord du gouffre.
Extrêmement embarrassant encore une fois.

Mais le pire moment de solitude c'est celui qui se vit à deux.
L'homme est évidemment éperdu d'amour pour vous puisque vous êtes divine.
Vous êtes sa muse, sa princesse, son air, son gin tonic.
Il vous aime, il vous le dit.
Puis il attend.
Il attend.
Il attend toujours.
Pfffffffvvvviiiiiiiuuuuuuuu (fait le vent glacé des steppes d'Asie, dans les oreilles de l'homme, qui se décompose devant la vilaine méchante)
Donc là nous avons affaire à un double moment de solitude.
C'est comme le léopard, c'est très rare.
Enorme jackpot sur l'échelle de la croimoisitude des joues, et du "sortez moi d'là".
C'est parfaitement ingérable, à moins de dégainer un "j't'ai bien eu, t'as eu peur, hein?" qui, d'un seul coup, double la solitude d'une grande pitié.
Une véritable boucherie qui fait qu'à la grande majorité on préfère se manger la porte en se tordant les chevilles devant Georges, Clive et Viggo réunis.


2 commentaires:

  1. ben j'ai pas compris la fin.... bon faut dire je suis nulle en histoire d'amour. (Pourquoi c'est un grand moment de solitude un homme qui dit qu'il t'aime ? moi ca me plairait vachement en fait).

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  2. Quand c'est pas partagé, euh, comment te dire?...

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