mercredi 21 octobre 2009

Le rêve américain

Ca change tout d'avoir une jeune fille au pair américaine. En gros, c'est la frime.
C'est toujours une étudiante souriante car heureuse de faire ses études "in iourope" et puis dans les dîners ça klaxonne un peu plus que de dire banalement "la nounou".
Ou alors il faudrait dire "la nanny" mais là il faut assumer un penchant pour le côté gardien de prison avec un serre tête en velours. C'est un style.
Il y a des endroits dans Paris où il est plus facile de rencontrer des jeunes filles au pair, d'autres où les nannys s'échangent volontiers leur meilleure recette de soupe de blettes, et enfin, dans la grande majorité des cas, il y a des centaines de squares où les nounous vissent leur fesses sur les bancs et attendent que ça passe.
J'étais hier au Champs de Mars.
Tour Eiffel, immeubles hausmanniens, les adultes se tiennent droits, jeune fille au pair de rigueur.
Pour mon plus grand plaisir l'une d'elle s'est assise à côté de moi.
Nous l'appellerons Britney parce que c'est bien ricain.
Et puis parce qu'il est maintenant prouvé qu'à tout moment, la gentille petite fiancée de l'Amérique peut péter les plombs et se raser la tête sous l'emprise de la coke, et ça me plaît beaucoup comme concept.
Donc Britney, ravissante rouquine d'environ 25 ans surveille Alix, charmante blondinette de 4 ans, tout en soutenant la discussion de la jeune mémé d'à côté que nous appellerons bêtement Germaine.
Britney comprend 1 mot sur 8 à ce que dit Germaine qui elle même ne comprend pas du tout l'anglais. Cette dernière lui parle donc en petit nègre.
"Moi inviter toi dans maison à moi". Britney fait mine de ne pas comprendre. Ils sont malins ces ricains.
Quand Alix arrive toute nimbée de l'auréole angélique que lui procure sa jeune chevelure blonde et bouclée, Britney dégaine immédiatement son flacon d'Assanis afin que la jeune princesse puisse manger son goûter à l'abri de la moindre bactérie.
Germaine cherche, ou plutôt entame des fouilles dans son sac, mais bizarrement, ne trouve qu'un vague kleenex qu'elle va mouiller avec un peu d'Evian. C'est bien aussi.
Main lavées. Goûter OK.
Les enfants repartent jouer en courant. Les garçons hurlent de toute leur jeune gorge. Et Alix... aussi.
Alix brandit un bâton et joue à la guerre avec Adrien et Côme. Une guerre very Champs de Mars, somme toute.
Elle coure comme une dératée avec ses baskets à fleurs qu'elle a mises à l'envers.
"Aàààààààà l'attaaaaaaque" rugit Alix
"Alix. No. Don't. Get back here. What are the rules? Look at your hands!" tempère Britney.
Nettoyage de mains, again. Remettage de barrette, fermeture du manteau qui part dans tous les sens. Beware Britney, Alix s'éparpille.
Alix repars en criant, tout juste un peu moins fort.
A ce moment là je me régalais déjà, mais en 1 seconde chrono, Germaine a déposé la cerise sur le pompon du gâteau.
Germaine: "Et Alix elle fait quoi le mercredi?"
Britney: "Hum, le matin, tennis, and on the eprè-midi, Ballet"
"Ballet", c'est ça qui fait LA différence.
Si Alix, va au Ballet, il faut savoir que toutes les petites princesses qui l'entourent, elles, vont à la danse. Au mieux, à leur cours de danse.
Conclusion, l'avantage majeur quand vous avez une jeune fille au pair américaine, c'est que votre fille, blondinette bouclinette, pourra toujours jouer à la guerre en vociférant comme une furieuse, et bien, quand elle ira faire le canard en tutu, on aura toujours l'impression qu'elle prépare le Bolchoï.

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