lundi 1 février 2010

Yeah trop fun l'Amérique, le Texas, les grosses jambes gonflées


















Et voilà, rien n'arrête la publicité.
Aujourd'hui je postule pour faire la belle dans une réclame qui vante les mérites d'un élixir anti-jambes lourdes.
Waou, sexy. Un ego boost de dingue.
En même temps à 36 ans, à moins de tomber sur le Vermeer du photoshop, y'a plus qu'à des aveugles que je vais pouvoir refiler des séjours au Club Med.
Bon, là, exceptionnellement je vais pas jouer la mère. Je suis promue dans le rôle de la fille. Gros coup de jeune.
Le dress code est fantastique.
Je dois arriver au casting en cow-girl, de préférence avec le chapeau idoine.
Si j'ai des santiags c'est vraiment super et si j'ai un violon c'est le top.
C'est ballot, j'ai pas de lassot.
Il fait -3000 dehors, je dois y aller en métro et me taper toute la ligne jusqu'à Boulogne.
Tout le wagon sera en doudoune. Moi je serais déguisée en cow-girl. Il est où le problème?

Arrivée sur place, il y a déjà 230 Calamity Josette qui attendent leur tour.
On a du bandana en pagaille, de la bottine à foison mais alors, je ne sais pas ce qu'on leur demande de faire, mais ça prends des plombes.
Il faut pas mélanger, nous on est championnes du monde sur le beurre de baratte.
Jenny, Lucy et Samantha c'est le rodéo.
Si on respecte pas ça, on se met 2h de retard sur le planning et franchement, c'est très désagréable.
Et là, j'entends des sanglots outrageusement faux sortir de la salle de torture.
Le taureau aurait-il bouffé un enfant dans le public?
Non, vraiment je ne peux pas rester.
Après une rapide interview de la postulante sortante, j'apprends qu'en fait, il faut "seulement" jouer la jeune fille triste à mourir, puis ridicule, puis dépitée et le tout avec un air ultra-accablé, car elle a beau être une cow-girl intrépide, elle n'en est pas moins écrasée par une mère abusive.
Hummm, mais où vont-ils chercher tout ça?
Quelle gazon brûlent-ils dans leur lampe berger? Ou dans leur pipe à eau?
Moi qui m'attendais à sauter partout en criant yyyiiiiihaaaa, je me raplaplate comme un soufflé.
Je remballe donc ma chemise à carreaux, je détache Jolly Jumper, je porte un brin de paille à ma bouche et je m'éloigne dans le soleil couchant.
So long my friends...

Photo: Tom Chambers

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