lundi 20 décembre 2010

Jean-Michel Miró


Je suis allée voir l'expo Basquiat hier.
Non. Je suis allée voir l'expo Basquiat hier, et c'était dimanche, et il faisait froid et il pleuvait.
Voilà. Là c'est plus clair.

Quitte à oser des trucs fous, à débroussailler des forêts vierges et à partir en terre inconnue, je vais me risquer à dire que JeanMi était un pur génie. Si si.

Comme si Miró avait eu un enfant noir.
Rien à voir diront les gens super calés en histoire de l'art. Mais en ce qui me concerne c'est exactement ce que j'ai ressentit, parce qu'aucun peintre, jusqu'ici, ne m'avait autant ému que Miró.
C'est mon arbre généalogique perso.
Libre à vous d'y monter.

Je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi certaines personnes arrivent à capter le monde avec une telle naïveté, quel que soit leur âge. Ils en font à chaque fois un acte de poésie. Brutale ou douce, mais amoureuse à mon sens.
On vit sur la même terre. On est tous fait pareil. A priori.
Et pourtant, il semblerait que certains aient un œil différent du mien. Et qui plus est, un œil parfaitement relié à la main. Je suis tellement jalouse.

Quand je visite une exposition j'espère toujours avoir ce moment rare où on tombe face à une œuvre qui nous parle plus que les autres. Je m'arrête. Je me laisse aller. Et très souvent je suis émue.
Ca n'arrive pas toujours. C'est mieux d'ailleurs. Sinon ça ne voudrait plus rien dire. L'émotion serait lisse, glissante, furtive.

Hier, c'est une toile bleue qui m'a happé: Blue Plane.
Entièrement bleue.
Sauf l'avion.
Et puis les traces de couleurs sous le bleu, signe que Basquiat a peint puis repeint sur cette toile. Et alors je me demande, dans sa frénésie, à quelle moment il décide que la toile est terminée. Pourquoi ne pas la couvrir de vert?

Toutes ces certitudes d'artiste génial, ces point de départ et point final que j'admire tellement.

Chacun pourra être ému par autre chose.
Moi c'était celle là.

Je suis sortie du musée, capuchée, doudounée et recroquevillée au maximum, mais encore irradiée par la force de Blue Plane, et ravie d'avoir pu ressentir une belle émotion par un jour si gris.

Alors à défaut de m'en aller avec, je suis partie avec la carte postale. Petit morceau d'art à la portée de tous.
J'ai un Basquiat chez moi.
Dans ma cuisine.
Sur mon frigo.
Et lui qui adorait peindre les portes de frigo en serait ravi j'en suis sûre.

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