
C'est bizarre un tarmac.
Un TarMacAdam pour être très précise. Mais ça ne change rien à l'affaire.
On pourrait se dire que c'est juste un champs de goudron entouré par des kilowatt d'ampoules régulièrement arrosé d'une fine pluie de kérosène, et où rien ne pousse à part des lapins.
Bref, une insulte écologique en puissance.
Et pourtant, moi qui trie mes déchets et qui arrête l'eau quand je me brosse les dents, les tarmacs me laissent sans voix.
J'ai l'occasion en rentrant de ma résidence secondaire (j'adore dire ça), j'ai l'occasion disais-je, de passer devant les pistes d'Orly.
Malheureusement, en 37 ans de résidence secondaire, je ne me souviens pas qu'un bouchon ait eu la généreuse idée de nous bloquer à cet endroit là.
Passons sur le fait que certains avions atterrissent. Tant pis pour eux.
Ceci dit quand on arrive en terre nouvelle, c'est aussi très excitant: Nouveaux uniformes, nouvelles navettes, nouvelles perspectives. On peut dire que ça a aussi son charme.
Mais revenons à nos lapins.
Quand il pleut, que je passe devant Orly la nuit, alors les lumières de la piste ont une aura toute particulière. Elles ne brillent pas. Elles scintillent.
Ceux et celles qui me connaissent un peu devineront immédiatement le frisson que peut provoquer ce genre de vision dans ma rétine de Princesse. A part mon diadème et mon carrosse de cristal, rien ne brille comme ça.
Quand il fait beau et que je suis à quelques jours d'un grand voyage, je la regarde d'un œil complice. Après je me rends compte que je parle muettement à une piste de décollage et alors je monte le son de la radio.
Dans un moment comme celui-là je suis même prête à écouter Sardou si ça peut me remettre sur le droit chemin.
Et je crois qu'effectivement le tarmac, avec son nom bizarre qui claque comme un élastique, n'est ni plus ni moins qu'un gigantesque tremplin de goudron pour faire décoller les coucous et l'imagination.
Une sorte de fantasme. Un rêve sublimé, immense, intouchable.
La preuve, c'est que quand on arrive dans l'avion, la piste aux étoiles se change en route.
Puis elle disparaît.
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